Snapchat, Facebook, Instagram. Les principaux médias sociaux surfent sur la vague des « stories ». Elles connaissent un franc succès auprès des utilisateurs de ces médias sociaux et elles sont tous les jours suivies par des centaines de millions d’internautes. LinkedIn, média social à vocation professionnelle, a annoncé son intention de s’y lancerà son tour. Une façon de continuer à s’adapter aux nouveaux besoins et usages digitaux.

Une humeur, un moment, une rencontre à partager ou encore une question à soumettre à la communauté, la story s’invite dans tous les recoins de la vie de ses utilisateurs. En format photo ou vidéo, agrémentée de filtres, elle permet, activée de manière régulière, de créer du lien en racontant des scènes de la vie quotidienne. Un album fait de vécu, personnages, actions, engagement. Vous l’aurez compris, les meilleurs ingrédients pour attirer l’attention et la curiosité.

La raison du succès ? Pour le directeur produits de LinkedIn, Pete Davies, les stories, « offrent un moyen facile et amusant de partager une actualité sans être parfaite ou être liée de manière immuable avec son profil « . Cela de manière courte, mais visuellement parlante.

La story est-elle réellement le succès de demain sur LinkedIn ? Le monde de l’entreprise pourrait surfer sur cette mode pour améliorer sa visibilité et son e-réputation face un public dont les usages et les modes de consommation de l’information sont en évolution permanente.

 

 

Une communication toute en émotion, visibilité et instantanéité

LinkedIn assure encore être en phase de test et de rodage interne, mais quelques perspectives intéressantes se dessinent déjà :

Le séquençage induit par le format des stories est prometteur pour partager des moments clés comme les événements d’entreprise, des promotions, des offres spéciales tout en attirant l’attention visuelle.

 Il est même possible d’aller plus loin pour créer un effet de suspens ou susciter véritablement la curiosité en feuilletonnant les coulisses d’un lancement d’un service ou d’un produit jusqu’au jour J.

 La force des stories est aussi de créer l’échange, affiner les goûts et souhaits de sa communauté en créant un sondage, en posant une question qui amènera des commentaires ou des likes.

L’entreprise qui prend le pari des stories est à la page, en assurant une présence continue, 360 ° en variant ses messages dans une cohérence qui l’humanise et la rend encore plus crédible aux yeux de ses cibles.

Imparfaites, brutes, authentiques. Les stories plaisent parce qu’elles s’appuient sur ce qui (re)gagne en popularité. Fini l’éloge de la perfection, du surfait, du retouché. En 2020, les consommateurs veulent pouvoir s’identifier à des marques qui sont proches d’elles car comme eux. Ils veulent être là où les choses se passent, en direct. Ils veulent réduire la distance – temporelle et spatiale – avec les marques qu’ils suivent.

 

Le défi de l’entreprise 4.0

 

Le saut de LinkedIn vers les stories n’est pas totalement aveugle et impulsif. Il y a bien sûr l’exemple inspirant des autres médias sociaux. Notons tout de même que, dès 2018, LinkedIn a expérimenté le format à travers l’expérience « Student Voices » à destination du public estudiantin américain. Le but ? Aider les étudiants de différents campus à interagir et partager leur expériences.

Derrière cette expérimentation, une intuition : les stories devenant un moyen de communication essentiel parmi le jeune public, la plateforme pourrait fournir un espace de partage plus familier, et donc plus susceptible de favoriser l’engagement.

« Nous avons observé qu’une génération entière évoluait avec un nouveau mode de communication, qu’elle était plus à l’aise avec un format de conversation plus éphémère et préférait partager du contenu à durée très limitée » note Pete Davies.

De manière générale, dans un monde qui se digitalise toujours plus – nous sommes passés à l’âge de la connexion (Morand, Sintes, 2014) -, le temps se raccourcit, les choix se font plus nombreux, l’information est partout, diminuant drastiquement l’espace d’attention de chaque individu. Le défi est plus que jamais de s’adapter à cet environnement changeant, et non de le subir.

Ce qui se joue dans cette propagation de la narration dans nos réseaux digitaux, c’est encore et toujours le retour aux fondamentaux, à ce qui nous définit. Raconter des histoires pour créer du lien. L’extraordinaire penseur qu’est Albert Jacquard ne s’y trompe pas, nous avons un besoin avide de communauté, de lien social, de créer du lien tout le temps. Les images, l’émotion, l’affect et la créativité sont et resteront les leitmotiv dans l’espace privé comme professionnel.